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C'est LA question qui nous taraude toutes. Et la réponse est "oui".

Attention, je m'adresse ici aux personnes équilibrées dans leur tête qui ne considèrent pas l'enfant comme un animal à dresser ou un ange-gourou venu nous sauver, à suivre coûte que coûte. Ce que j'explique ici est issu de mon expérience avec mes filles dont je n'ai pas délégué l'éducation avant 2 ans et qui n'ont donc pas été mises en contact tous les jours avec une meute d'enfants vengeurs prompts à enfoncer des doigts dans des yeux ou ailleurs...

Il est strictement interdit de crier sur un bébé, ou un bambin jusqu'à environ 2 ans.

Interdit, stricte.

Cela ne sert à rien, le cerveau de l'enfant n'est absolument pas prêt à être bousculer et tout doit s'expliquer dans la douceur, le rire et le jeu. Absolument tout.

A partir de deux ans, l'enfant peut rentrer dans une phase d'opposition qui correspond à l'obtention de sa motricité. En gros il rentre dans sa phase "je sais marcher, courir, sauter donc je t'emmerde, le monde est à moi". C'est mignon. Il faut surtout prendre beaucoup de distance en gardant en tête que c'est une phase normale dans nos mondes modernes et que l'enfant restitue ce qu'il a engrangé comme informations. Je ferais un article sur la phase des 2 ans.

Toujours est-il que ce n'est qu'à partir de la phase d'opposition que le cadrage sur les limites de l'enfant doit se raffermir. Et votre attitude avec. Les gros yeux doivent suffire à 2 ans. Si l'enfant a été correctement accompagné, le fait de savoir qu'il va vous déplaire sera une punition suffisante pour qu'il ne veuille pas la subir. La grosse voix ne viendra que bien plus tard. Tout au plus vous pouvez utiliser une voix plus ferme, mais toujours sans crier. Sauf si vous estimez qu'il faut crier.

Car voilà tout le fonctionnement du cri, c'est à vous de savoir quand vous pouvez vous en servir, à bon effet, sans en abuser. Car plus vous abuserez du cri, moins il sera bénéfique et plus vous serez démuni pour cadrer votre enfant. Le cri est hyper utile, surtout quand il est hyper rare !

Un enfant vient au monde sans aucune notion du mal (même si certaine se comporte comme si elle avait enfanté satan...). Le bébé sait ce qui est bien puisqu'il ressent tout le bien qu'on lui fait. Il sait aussi comment faire du bien, puisqu'il voit notre joie quand il nous sourit par exemple, mais le mal est une notion abstraite pour lui... Une notion dont il va tester les limites pour la première fois, par exemple, en mordant le sein de sa mère lors de la tété. Ce qui semble banal ne l'est pas en réalité. Comment réagi ma mère quand je lui fait mal ? Elle me retire le bien, en enlevant son sein de ma bouche. Si je ne lui fais pas mal, je peux téter. Action, réaction. L'être humain est un testeur. Le mal enlève le bien. C'est une des premières expériences. Ce qui me fait penser que je devrais aussi faire un article sur comment réagir quand l'enfant mord le sein... J'ai un peu de boulot en retard je crois...

Bref.

Votre enfant n'a pas de notion du danger non plus. C'est à vous de lui inculquer. Pour cela la nature a mis à votre disposition trois armes : l'exemple, la parole et le cri. En tout premier lieu, vous êtes le modèle de votre enfant. Vous et son père n'avez qu'à vivre devant lui pour qu'il apprenne à vivre comme vous. L'action magnifique des neurones miroirs qui nous font apprendre en regardant quelqu'un faire. Soyez exemplaire et votre enfant le sera. Soyez un con et la pomme restera près du pommier...

Ensuite, après l'exemplarité, vous avez à vous servir de votre parole. Il vous faut l'utiliser, toujours et en tous lieux, toute la journée. La parole est le lien entre vous et votre enfant, mais aussi, entre lui et le monde. C'est par la parole qu'il va pouvoir aller vers les autres. Vous devez tout expliquer à votre enfant en permanence, comment fonctionne le monde et comment nous fonctionnons nous même, comment nous pouvons rester en sécurité et comment parfois nous pouvons nous mettre en danger de façon sécure. C'est par la parole que vous devez poser les bases de la construction psychique de votre enfant afin qu'il sache à quel moment il doit avoir peur et ne pas s'engager dans une action dangereuse ou ne pas avoir peur et se sentir en confiance.

La peur évite le danger. Si vous avez correctement fait flipper votre enfant sur les risques de mettre les doigts dans la prise, il ne les mettra pas. Si vous n'avez pas était crédible, notre petit testeur testera.

Par l'exemple, la parole, votre enfant va adopter vos peurs. Vous avez peur et êtes tétanisé quand vous voyez un ours ? Lui aussi. Vous avez peur de votre mère ? Lui aussi ! Vous avez peur quand vous traversez la route ? Lui aussi !!! Magique. Parfois l'enfant ne comprend pas pourquoi vous avez peur et veut tester quand même. C'est à vous de lui expliquer par la parole qu'il ne faut surtout pas tester maintenant, qu'au pire si ça le taraude encore il verra ça quand il sera Docteur en astrophysique à 47 ans... Donner des objectifs clairs, c'est important.

Quand intervient le cri ? Et bien le cri intervient quand toutes les autres solutions ont été utilisées. Vous avez déjà expliqué que l'on ne traverse pas la route sans adulte et sans regarder si on est bien accompagné ? Il persiste ? Criez. Quand vous criez sur votre enfant, vous allez lui envoyer une décharge d'adrénaline (que vous aurez vous même reçu en le voyant se diriger vers le passage piéton en courant joyeusement vers un camion de pompier toutes sirènes hurlantes...). Cette décharge d'adrénaline est ce que l'enfant aurait dû naturellement recevoir en vous voyant faire ou en vous écoutant lui racontant comment il va se retrouver écrabouillé par le camion avec les viscères sur le trottoir et les yeux qui sortent de ses globes. Pour une raison ou une autre cela n'a pas fonctionné et votre enfant veut tester. Il va donc falloir que vous lui transfuser de façon artificielle, par votre cri, l'adrénaline qu'il ne doit pas recevoir par l'expérience négative. Pour résumer, il vaut mieux que votre enfant ai compris seul qu'il ne doit pas traverser la route, par l'exemple ou la parole, mais si ça n'a pas fonctionné alors il est mieux qu'il ai peur de traverser la route pour ne pas se faire crier dessus que de se faire ratatiner par un 19 Tonnes. Le cri est une injection d'adrénaline artificielle. Mais qui perd de son efficacité quand on s'en sert jusqu'à ne plus en avoir du tout, donc mollo sur les doses. Et avec intelligence.

Criez. Mais alors, criez sans le toucher. Le cri est déjà assez agressif, il n'a pas besoin d'être accompagné de coups ou d'humiliation. Vous ne devez pas criez à votre enfant comme il est con, mais comme il vous a fait peur, comme ce qu'il a fait est dangereux, comme vous avez crût défaillir en le voyant courir à sa perte, comme vous seriez perdu sans lui et COMME VOUS EN AVEZ RAS LE CUL DE REPETEZ VINGT MILLE FOIS LA MÊME CONSIGNE POURRAVE...

On revient toujours calmement sur une explication profonde et sereine après un cri. C'est obligatoire. Sans ça c'est inutile. Après avoir crier il faut se calmer, isoler l'enfant puis lui demander de revenir pour s'expliquer en cherchant ensemble comment faire en sorte que la situation de crise ne se reproduise plus. Clap de fin. Câlin.

Je pense que les mères qui culpabilisent de crier sont des jeunes mères qui veulent bien faire et elles ont entièrement raison. Elles ont raison, à la fois de vouloir bien faire et à la fois de culpabiliser. Ne vous guérissez absolument jamais de votre culpabilité. Elle est votre atout pour connaître vos limites à vous et si vous la respectez cette culpabilité, elle sera votre garde fou pour ne jamais abuser dans l'utilisation de tous les outils que vous avez à votre disposition pour faire grandir votre enfant au mieux.

Certaines mères sont très dans l'exemple et ont la chance de pouvoir s'occuper elles même de leurs enfants au quotidien et n'auront pas besoin de crier, parfois même de parler. D'autres mères sont dans la course du quotidien et n'ont plus que les cris pour s'exprimer et inculquer le peu de règles qu'elles peuvent à leurs enfants qu'elles voient rarement... Il y a tellement de configuration possible. Je pense que la culpabilité de chacune est notre meilleure guide. Quand on culpabilise de trop crier sur son enfant, il faut arrêter et repasser par la parole pour revenir à l'exemplarité. Quand on culpabilise d'être une mauvaise mère, alors il faut faire au mieux pour devenir la mère que l'on souhaite être en commençant par s'écouter.

Et vous, vous êtes plus dans l'exemple, la parole ou les cris ?

 


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