Vers l’âge de 8 ou 9 mois, beaucoup de parents découvrent une nouvelle réaction chez leur bébé
: les pleurs au moment de quitter la pièce, le refus d’aller dans les bras d’une autre personne ou encore les réveils nocturnes plus fréquents. Cette phase, souvent appelée « peur de séparation », est une étape normale du développement affectif et cognitif du tout-petit.
À cet âge, le bébé comprend progressivement que ses parents existent même lorsqu’ils ne sont plus visibles. Cette acquisition, appelée « permanence de l’objet », marque une avancée importante dans son développement. Mais elle s’accompagne aussi d’une prise de conscience angoissante : maman ou papa peuvent partir. Le nourrisson n’a pas encore la notion du temps et ne sait pas quand son parent reviendra. L’absence peut donc être vécue comme une véritable inquiétude.
La peur de séparation se manifeste de différentes façons. Certains bébés pleurent dès qu’un parent s’éloigne, d’autres deviennent plus « collants », réclament davantage les bras ou refusent d’être gardés. Les couchers peuvent également devenir plus compliqués. Le bébé, qui jusque-là s’endormait facilement, proteste soudain au moment d’aller au lit. Les réveils nocturnes sont fréquents, car la séparation liée au sommeil peut raviver son anxiété.
Même si cette période est fatigante pour les parents, elle est généralement le signe d’un attachement sécurisant. Le bébé a créé un lien fort avec ses figures de référence et cherche leur proximité pour se rassurer. Cette étape est donc plutôt positive dans son développement émotionnel.
Pour aider un enfant à traverser cette phase, il est important d’adopter une attitude rassurante et constante. Les séparations doivent être expliquées avec des mots simples, même si le bébé ne comprend pas encore tout le langage. Dire « maman revient après la sieste » ou « papa revient ce soir » permet de poser un cadre sécurisant.
Les départs doivent idéalement rester courts et sereins. Partir discrètement sans prévenir peut sembler plus facile sur le moment, mais cela risque d’augmenter l’anxiété du bébé. Il a besoin de comprendre que son parent peut partir… puis revenir.
Les rituels jouent également un rôle essentiel. Une chanson, un câlin ou une phrase répétée avant la séparation aident l’enfant à anticiper ce moment. Plus les habitudes sont stables, plus le bébé se sent en sécurité.
Il est aussi important d’accueillir les émotions de l’enfant sans minimiser sa peur. Même si elle paraît excessive aux adultes, cette inquiétude est bien réelle pour lui. Le rassurer, le prendre dans les bras et mettre des mots sur ce qu’il ressent contribue à renforcer son sentiment de sécurité.
Dans la majorité des cas, cette phase s’atténue progressivement entre 12 et 18 mois, à mesure que l’enfant gagne en confiance et en autonomie. Chaque bébé évolue cependant à son propre rythme. Certains traversent cette période très brièvement, tandis que d’autres ont besoin de plus de temps.
La peur de séparation n’est donc ni un caprice ni un problème éducatif. Elle reflète une étape fondamentale de la construction affective du bébé. Avec de la patience, de la régularité et beaucoup de réassurance, l’enfant apprend peu à peu que les séparations ne sont pas définitives et que les personnes qu’il aime reviennent toujours vers lui.

