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La protection de l'enfance en France ne sert à rien d'autre qu'à nous faire rêver... Ou cauchemarder.

 Quand je n’avais pas l’expérience des séparations de couple et que je n’avais aucune analyse sur la situation des abus sexuels sur mineur en France et dans le monde francophone en général, j’étais hyper étonnée du nombre d’enfants qui dénonce des viols lors de la séparation des parents, en se confiant à leur mère.

 Je pensais sincèrement que les mères montaient le bourrichon aux enfants pour éloigner le père, avoir la garde exclusive et/ou avoir une grosse pension alimentaire.

 Jusqu’à ce qu’un jour, en pleine séparation d’avec le père de mes enfants, je tombe sur le petit dictaphone de ma fille de 2 ans et que je réécoute toutes les pistes une par une, pour avoir un autre regard sur la relation que j’avais vécu et qui ne semblait pas du tout être la même que lui… J’avais aimé un homme en pleine confiance, pensant qu’il était fiable et honnête et ne me laisserait jamais tombé -surtout pas nos enfants- et je me retrouvais en face d’un monstre qui avait baisé la moitié de Casa, homme comme femme et qui venait de s’inscrire aux abonnés absent en me coupant les vivres, à moi, certes, mais surtout, à nos enfants !

 Je me replongeais dans les gazouillis et les rires de mon enfant dans ce petit dictaphone que je lui avait offert après que son père me l’ai offert, pour qu’elle soit une petite journaliste comme Maman… J’étais, je l’avoues, nostalgique et amusée par ses babillages, comme dans une bulle de sécurité qui m’avait englobé tant d’années… Jusqu’à ce que j’entende cette phrase qui est venu me glacer le sang : Maman, Papa, il est venu dans la bouche de Rosie.

 C’est quoi cette merde !! Comment Papa peut être venu dans la bouche de Rosie ? Avec quoi ? Comment ? C’était quand cette merde ??

 J’ai écouté, écouté, ré-écouté… J’ai téléphoné à un psychiatre, je lui ai fait écouté… C’était clair. C’est clair… Papa, il est venu dans la bouche de Rosie… Mon Dieu, Seigneur… J’étais perdu.

 Je me suis rappelé quand ma petite avait bloqué un enfant venu jouer à la maison, entre ses jambes et frotter son bassin sur sa tête… La maman du petit et moi nous étions regardé interloquées de savoir où elle avait vu ça et j’avais pris un moment pour expliquer à ma fille que ses parties intimes ne devaient jamais être en contact avec la tête ou le corps des autres. L’incident s’était soldé par une discussion avec la maman du petit qui comme moi pensait qu’il fallait trouver où la petite avait vu faire ça. Je n’ai strictement jamais fait l’amour devant mes enfants et je suis très très précautionneuse avec ça.

Le temps a passé et la petite ne l’a plus refait. Mais ça a existé. J’avais mentalement noté.

 Rassuré par l’amour et la confiance que je portais au père de mon enfant, je ne me suis strictement jamais posé la question sur sa probité. Malgrè le fait que sa fille adoptive soit clairement déviante sexuellement à l’adolescence, je mettais tout ça sur le compte de la vie. La vie est comme ça… Les choses sont comme ça, les ado sont comme ça, les enfants sont comme ça.

 L’amour implique forcément une très grande confiance, sans ça on ne peut pas se détendre et aimer tranquillement sinon on devient folle et je lui avais donné mon amour puisque je construisais ma famille et ma vie avec lui, il avait toute ma confiance. Entière. Voilà pourquoi je ne me suis jamais posé de question ni n’est fait le lien entre des faits préoccupants.

 Et la séparation est arrivée, la confiance s’est cassé et donc les liens se sont fait !

Après la consultation d’avec le psychiatre, j’ai donc décidé de parler avec ma fille, de poser les mots et de trouver des réponses avec elle. L’horreur. Comment aller voir son enfant pour lui dire « alors ma chérie Papa a mis sa bite où, dis à Maman ? » C’est l’horreur absolu. Au moment où on traverse le pire moment de sa vie, on se rend compte que ce n’était pas le pire parce que le pire est à venir…

 J’ai expliqué à ma fille que j’avais retrouvé son dictaphone et que j’avais mis des piles comme elle me le demandait depuis des jours… Et que je l’avais écouté… Je lui ai expliqué ce que j’avais écouté, ce que j’avais entendu. Petit à petit, j’ai parlé avec mon enfant, de Casablanca, de son père… Ma fille m’a alors raconté qu’un jour son papa était partie et l’avait confié à Rachid, le gardien et qu’il faisait noir et que Rachid avait touché son corps.

 Ce gardien était la seule personne au monde qui pouvait faire pleurer ma fille seulement en rentrant dans la pièce. A chaque fois que cet homme est venu chez moi, ma fille rentrait en panique et s’accrochait à moi. Une chose qu’elle ne faisait avec strictement personne d’autre.

 N’ayant jamais laissé mon enfant avec ce gardien, je n’ai jamais compris cette peur panique et à aucun moment je n’aurais pu m’imaginer que son père puisse confier ma fille, même ne serait-ce que 10 minutes à quelqu’un d’autre sans me le dire, mais la suite des évènements, lors de la séparation notamment, m’a prouvé que non seulement il pouvait le faire, mais il pouvait faire bien pire à mon enfant pour me « punir » ! Les laisser seules à la maison à 2 et 4 ans, les faire dormir sans prise de moustique alors que la grande faisait des allergies graves, etc, etc, etc, la liste était longue dans le dégueulasse du mauvais traitement punitif.

 On peut penser ce qu’on veut de moi, remettre ma parole en cause, ne pas me croire, me dire folle, maltraitante ou parano, débile ou psychopathe, aujourd’hui, 5 ans plus tard sans un centime, ni même un coup de téléphone aux enfants pour Noël de cet homme, j’ai ma conscience pour moi et je ne me tairais.

 Je n’arrivais pas à discerner correctement les choses, j’ai donc fait appel aux « amis »… Sauf qu’à l’époque, mes amis étaient surtout ces amis à lui ! Ayant un travail très influent, je ne me rendais pas compte à l’époque que j’allais me confier aux spécialistes du « Pas de vague »…

 Malgrè leur façon de vouloir ne pas entendre ni ma voix, ni celle de mon enfant, je me décidais à accompagner mon enfant au commissariat.

 Je me suis dit –et je jure que c’est véridique- que là bas, les policiers avaient l’habitude de ce genre de cas et que eux saurait trancher le vrai du faux et surtout aider ma petite à dire ce qu’elle avait à dire.

 Ma fille a été entendue, seule, par un policier du commissariat de Mériadeck. Sortant de là, le policier est revenu avec elle dans le bureau et m’a expliqué qu’il ne s’était strictement rien passé. Que la petite était une enfant qui mélangée tout, qui lui avait parlé du gardien et son père, mais qu’elle fabulait et encore une fois « mélangeait » tout. J’avoues que j’étais hyper choquée par sa façon de traiter ce cas par dessus la jambe et de me renvoyer me faire foutre, mais j’étais naïve et comme il était figure d’autorité et mettait en avant ses compétences, j’ai pris sa parole pour argent comptant et je suis partie en disant merci.

 Une fois arrivée dehors, j’ai fait quelque chose que je vais regretter toute ma vie. Je me suis assise à une terrasse vide avec ma fille et je lui ai expliqué, que s’il ne s’était rien passé, c’était très grave de dire qu’il s’était passé quelque chose, que moi j’avais confiance en elle et que je la croyais, mais que si c’était pour raconter des choses qui ne s’était pas passé, c’était grave parce que ça pouvait causer de graves ennuis à son papa.

 Je m’en mord les doigts jusqu’à aujourd’hui.

 Ma fille n’est pas une menteuse, elle ne l’a jamais été. Petite, elle disait toujours quand elle avait fait une bêtise pour la simple raison que je ne la grondais pas. Cela avait même étonnée ma mère quand elle l’avait découvert. Je n’ai pas élever mon enfant dans la peur de l’adulte, mais dans la coopération, ce qui faisait qu’elle ne mentait jamais. A ce moment là, je l’ai oublié… J’ai fait confiance à des gens que je ne connaissais pas, j’ai été lâche et je n’ai pas suivi la parole de mon enfant. J’ai suivi la parole du policier qui me disait de faire ma vie et qu’elle oublierait… Elle oublierait… Quelque chose qui n’a soit disant pas existé ??

 Le temps a passé. Ma fille a oublié.

 Pas moi.

 Avec le recul, je me dis que le policier a fait ce qu’il avait à faire et que même, il a protégé mon enfant d’une histoire abominable dans laquelle sa parole, précieuse et fragile se serait retrouvé confrontée à la parole puissante de son père qui a appris à la faire porter haut et à plusieurs…

La parole d’une victime adulte confrontée à celle d’un violeur n’a déjà aucune valeur parce que la justice demande des faits, alors la parole d’une enfant… Qui plus est en bas âge… C’était plié d’avance.

 La meilleure chose que pouvait faire ce policier, c’était d’offrir l’oubli à ma fille. Sauf que selon moi, on n’oubli jamais. Selon moi, un corps violé n’oublie jamais et la déviance qui a été semé reste à l’intérieur avec la potentialité de se développer quand les hormones rentreront en jeu et que le corps cherchera l’amour physique qui va avec l’amour du cœur... Le mélange des genres est ancré quand l’enfant a été abusé et cela peut ressortir sans même qu’il en comprenne l’origine dont il n’aura pas le souvenir et que personne n’aura le courage de lui expliquer ce qu’il s’est passé.

 Ce souvenir m’a hanté.

 Le dictaphone est toujours dans ma chambre, dans la boîte à souvenir, avec les bracelets de maternité…

 Mais il y a quelques semaines, j’ai raconté son histoire à ma fille, je lui ai tout raconté : le dictaphone, mes démarches, le policier… Quand je l’ai grondé. Je me suis excusé, aussi.

 Je n’ai pas incriminé son père, je ne l’ai pas défendu, j’ai donné à ma fille, son histoire, les faits.

 Je lui ai expliqué le fonctionnement de la déviance sexuelle, pourquoi les violeurs sont des enfants violés, pourquoi certains violent à leur tour comme si c’était normal de baiser des gosses et d’autres combattent le viol et se font matraquer, j’ai fait au mieux pour lui expliquer l’importance d’en parler pour pouvoir rester saine et bien accompagnée.

 Je ne tiens pas à rentrer dans des histoires de plainte, de justice, ou me « venger » de quoi que ce soit. Même si je ne baisserai pas les yeux, ni la tête face à qui voudra me juger, toucher mon enfant ou la faire rentrer dans quelque chose dont elle n’a plus aucun souvenir.

 J’aurais aimé être seule concernée et qu’on laisse mon bébé en paix, mais il n’en est rien. C’est une histoire entre mon enfant et son père. Mais c’est aussi une histoire qui raconte pourquoi les mères dénoncent les pères lors des séparations, pourquoi les enfants parlent plus facilement quand ils sont séparés de leur bourreau, pourquoi la justice est impuissante et pourquoi tout ce que le policier peut proposer au commissariat c’est d’oublier... Face à toutes les mères qui trichent et montent leurs enfants contre les pères pour les terminer et les humilier... Il y a de nombreux enfants violés dont la parole est étouffé. Comment apporter des faits ? Comment protéger les autres enfants que les pères violeurs vont rencontrer ? Vont enfanter...

 Parce que la protection des enfants en France est un mythe, une légende, un conte de fée et que la seule personne qui peut éviter qu’un danger arrive à son enfant, même dans son propre foyer, surtout dans son propre foyer, c’est sa mère. Si elle même n’est pas tarée. Sans ça, ce sera au petit bonheur la chance, pour celui qui veut y aller.

 

 


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