Violence conjugale : une histoire de famille

La vie comme un art

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Après avoir fait tout le parcours d'une mère célibataire avec enfants en bas âge, je peux vous dire que c'est du grand n'importe quoi...

J'ai été totalement irresponsable. Egoïste, stupide et irresponsable. J'ai grandi dans un pays qui m'a appris que quand un homme et une femme se sépare, la femme aura droit à des aides de l'état pour ses enfants et elle, un logement et le père pourra se barrer sans payer la pension à la condition de laisser la mère tranquille seule avec les enfants.

J'ai donc intégré ces règles -puisque les ayant expérimentées une première fois avec mes propres parents- et j'ai choisi mon homme, par amour bien entendu, mais aussi pour sa capacité à se barrer loin de moi en cas de séparation. Je n'aurais jamais été capable de supporter que mon ex m'enlève mes enfants, même un week-end... Je n'aurais pas plus été capable d'assurer une garde alternée lors de laquelle le père se pointe chez la mère ou devant sa porte pour klaxonner avant d'arracher les enfants pour son tour de garde. Tour de garde qui ramènera son lot de problèmes, de mauvaises habitudes et merdes en tout genre...

Je n'aurais pas été capable de supporter de savoir la nouvelle femme de mon ex en train d'éduquer mes enfants avec celui qui m'a trahi, loin de moi...

Avec les données que j'avais à l'époque et mes expériences de vie, je n'aurais jamais pu choisir un homme, père, qui aurait pu vouloir me prendre mes enfants d'une façon ou d'une autre. Tous les hommes que j'ai aimé, sauf le père de mes filles, laissaient les enfants avec leur mère la semaine et les prenaient un week-end sur deux. Jamais je n'aurais pu vivre ça en vérité et je pense sincèrement que le père de mes enfants non plus.

franck a déjà abandonné un enfant. Et même si je me suis battue pour qu'il le voit et entretienne un lien paternel avec son fils pour ma conscience personnelle, je pense que ça me rassurait aussi franchement de savoir qu'il était un père abandonnique. Parce que ça m'apaisait de penser qu'il ne me prendrait pas mes enfants.

J'avais des choses à comprendre. J'avais une expérimentation à mener. Je voulais comprendre de l'intérieur comment un homme peut faire pour abandonner ses propres enfants, les savoir en enfer et ne pas intervenir. Je n'ai pas pousser franck à la faute. Je n'en ai pas eu besoin, il se pousse tout seul depuis toujours. Et je lui ai toujours -et c'est très important de le savoir- laissé le choix de rester avec moi en m'intégrant dans son comportement, donc en changeant ses sales habitudes à mon égard (infidélités, mensonges, manipulations...).

J'étais partagée... Quand franck m'a finalement quitté définitivement en m'avouant qu'il avait quelqu'un depuis longtemps déjà... J'étais partagé entre la joie de pouvoir mener concrètement mon expérimentation de mère au foyer célibataire avec enfants en bas âge et la déception de ne pas avoir réussi à conserver mon couple et à le faire durer pour mes enfants, moi et Franck.

Je n'ai pas pris mes responsabilités de femme envers franck. Je ne me suis pas battu outre mesure pour le récupérer, je n'ai pas fait d'effort spéciaux si ce n'est pour mes enfants... Je me souviens que j'ai envoyé des tas de messages, mais quand on me connait un peu on sait que c'est comme ça que je communique déjà dans mon état normal alors dans un état de stress... Je crois que j'étais plus apeuré du fait de ne plus rien avoir pour nourrir mes enfants que par la décision de franck. Parce que comme prévu franck accompagné sa décision de me quitter par celle de ne plus contacter nos enfants et de nous couper les vivres.

Je pense que s'il avait continué à payer pour que les petites restent dans une situation équilibrée il aurait déjà reçu beaucoup moins de messages...

Ces messages étaient nécessaires pour que pendant des années, je puisse montrer que je n'étais pas celle qui avais coupé le lien. Parce que je ne suis pas celle qui a coupé le lien. franck a utilisé sa carte Passe que lui donne l'état français pour plonger ses propres enfants dans l'extrême précarité et s'en laver les mains. J'ai pris un téléphone uniquement dédié à mes enfants pour lui, que je payais de mon RSA pendant qu'on mangeait au Resto du coeur, ce téléphone n'a jamais sonné. J'ai vite arrêté voyant la tristesse de mes enfants face à l'objet... Lors de la décision de justice, alors que franck ne s'était pas présenté, ni fait représenté, ni fourni aucune pièce administrative ou donné signe de vie, j'ai demandé à la juge d'inscrire que le père pourrait voir nos enfants quand il désire pour assurer encore une fois que je ne fais pas barrage au père pour voir l'enfant. Ce droit n'a strictement jamais été utilisé. Grâce à Dieu.

franck est un blaireau. C'est ce matin que j'ai pu trouver le mot et le poser dessus. C'est vraiment l'incarnation de ce mot et si j'avais été plus futée et plus responsable ensuite, je l'aurais vu tout de suite et je pense que j'aurais été plus gentille avec lui. J'ai été dupé par deux choses : le manque de confiance en moi qui me faisait le voir comme un héros et lui, qui se faisait passer pour quelqu'un d'autre. En réalité franck a fourni tellement d'effort pour que je ne vois pas qu'il était juste un gros blaireau que ça en est touchant.

Le traumatisme que m'a causé le divorce d'une violence rare de mes parents, ma vocation de journaliste, sacralisée pour laquelle j'étais prête à tout sacrifier et mon fonctionnement de solitaire indépendante ont fait que j'ai raté la construction de ma famille.

Je pensais que j'allais y gagner quand même parce que j'ai mes enfants, que mon site me permet un épanouissement professionnel intense et que mes projets me portent, mais en réalité, j'ai raté ce qu'il y a de plus important pour un humain : la construction de sa famille.

Je n'aurais pas dû choisir un homme qui me rassure par sa capacité à se barrer comme mon père, mais un homme qui sait comment rester. Quand les problèmes ont commencé, je n'aurais pas dû faire intervenir l'extérieur, mais régler tout ça avec mon mari. J'aurais dû le considérer comme mon mari et ça n'a jamais été le cas, alors qu'il l'était dans les faits. Je n'aurais jamais dû faire appel à l'état pour m'aider, j'aurais dû reprendre ma place dans ma famille et la consolider. Assumer d'avoir choisi un homme et d'être responsable de nos deux enfants ensemble pour la vie. C'est ce qu'il m'a manqué : un rappel à la loi de la vie. Une obligation de continuer à construire ce que j'avais commencé, en famille.

Avant le mariage pouvait être arrêté par celui ou celle qui pensait qu'il ne tiendrait jamais parce que le couple était bancale. Si personne ne s'y opposait, toute la famille assumait le fait de consentir à soutenir le couples dans les mauvais moments pour que l'équilibre de la famille tienne pour les enfants. Tout ça devait être tellement merdique que c'est fini, mais l'hypocrisie demeure et les nouvelles règles du jeu n'ont toujours pas réussi à trouver comment respecter l'équilibre des enfants parce que ça ne peut pas venir de l'extérieur. Si les parents sont déjà bousillés et qu'on les laisse faire, entre infidélité, mensonge et trahison, c'est impossible. Il faut je pense accepter que pour tenir un couple se doit fidélité, respect et entraide, mais surtout de prendre et garder ses responsabilités jusqu'au bout, ce sont des basiques, mais ce sont des basiques indispensables sinon c'est foutu dès le départ. Comment rester responsable quand on sait que si on y arrive pas on nous aidera à ne plus l'être ? C'est débile...

Aussi débile que de permettre aux pères de se soustraire de leurs obligations d'entretenir leurs enfants ou de permettre aux mères d'interdire l'accès du père aux enfants. Tout, absolument tout dans cette situation est débile. Les pères doivent payer quoi qu'il se passe, les mères doivent élever les enfants quoi qu'il se passe et s'ils ne sont pas contents, il fallait y penser avant. L'état, c'est à dire toute la société, (mais surtout ceux qui vivent de ce système sénile), n'a pas à avoir accès à la famille en déresponsabilisant ses membres pour pouvoir en faire commerce. Voilà pourquoi le mariage était sacré, parce que les problèmes qui en découlent le sont tout autant !! Si on permet à la mère de partir, on l'oblige à présenter les enfants et si on permet au père de partir on l'oblige à payer pour maintenir le même niveau de vie aux enfants et à leur mère !!! Que chacun prenne ses responsabilités bordel de merde.

J'avais besoin de vivre ce que mes parents ont vécu pour comprendre ce qu'il se passait, pourquoi c'était parti aussi loin et bas.

Aujourd'hui, je veux un mari. Qui reste. Je voudrais construire solidement ma famille avec lui et me battre à ses côtés et non pas contre lui pour avancer vers chaque demain, ensemble. Je veux partager avec lui, être responsable et vivre intelligemment notre couple pour qu'il dure.

Après 5 ans d'explorations minutieux du système social français, de l'intérieur, je pense que l'état n'a pas à intervenir ni dans les unions des familles, ni dans les séparations, ni dans la procréation, ni dans l'éducation des enfants, ni dans rien en réalité... Je pense que l'état devrait être un outil administratif qui valide des situations de faits, mais pas une néo-religion qui ne dit pas son nom et distille des valeurs morales aux relents nauséabonds jusque dans le lit des citoyens et des citoyennes.

Je me suis dit que c'était facile de dire tout ça après en avoir bien profité et même après en avoir fait la promotion ICI pour que ceux que je méprise au gouvernement puisse s'en inspirer gracieusement tellement je pense que c'est de la merde... Mais c'est à "profité" que j'ai rigolé. On ne profite pas de la misère. On la traverse, on y survit, ou pas. J'ai voulut faire cette expérience parce que j'ai une plaie béante en moi qui ne partira jamais. J'ai mis du temps à accepter que cette plaie béante que mes propres parents m'ont fait à 8 ans ne guérira strictement jamais. Je serais toujours dans ma tête la petite fille à qui on met son petit manteau avant de la foutre dehors. Je serais toujours l'enfant seule à Lormont loin du soleil natal. Toute ma vie. On ne guérit pas du passé. Il reste là, en nous. Ceux qui disent "il vaut mieux qu'ils se séparent plutôt qu'ils restent ensemble à se taper sur la gueule" n'ont jamais vécu un foyer maternel et le déclassement social d'une séparation violente. Il vaut mieux qu'ils ne se séparent pas et prennent leurs responsabilités plutôt que de se taper sur la gueule... Il vaut mieux qu'on explique enfin aux femmes pourquoi les hommes deviennent violent et comment stopper la violence et aux hommes comment garder leur femme... Il vaut mieux plein de choses que la séparation d'une famille qui fera le bonheur de ceux qui vivent sur le dos de la misère en fournissant alcool, lutte pseudo féministes de mes couilles et séparation précoce des mères et des enfants...

Toute l'expérience que j'ai faite m'a permis de me battre contre l'horreur parce que selon moi j'avais le devoir de le faire parce que j'en avais les capacités, mais ça n'a pas été, ça n'a jamais été gratuit. J'ai payé cher. J'ai travaillé dur. Cela m'a demandé, me demande encore un mental hors norme, une condition physique sans aucun défaut, une rigueur et une concentration de tous les instants.

Ma consolation, car elle est immense, est de me sentir guidé et accompagné par Dieu et l'amour en personne. Tout l'amour marital que je n'ai pas donné à un homme...

Je l'ai donné à tous les Hommes.

Pardon, je me relirais plus tard... Ou pas, ça fait beaucoup pour moi.


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